RDC : Echanges sur les violences sexuelles liées aux conflits

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De gauche à droite : Olympia Bekou (Directrice adjointe, CMN), Eugene Bakama (Conseiller, CAD), Eloi Urwodhi (Conseiller, LIPADHOJ)

Le CMN organise un groupe de référence et une réunion avec des ONGs à Kinshasa sur la priorisation des violences sexuelles liées aux conflits

Du 20 au 24 février 2017, le CMN a organisé une série d’échanges à Kinshasa pour discuter de l’élaboration, de l’adoption et de la mise en œuvre d’une stratégie de priorisation pour l’enquête et la poursuite des violences sexuelles liées aux conflits. Cela comprenait notamment un groupe de référence avec des experts nationaux et un échange avec les représentants de la société civile.

Groupe de référence avec des experts nationaux

Des représentants du Ministère de la justice, du Bureau du Procureur Général, du Conseil Supérieur de la magistrature et de la MONUSCO ont rejoint le CMN et ses partenaires nationaux Ligue pour la Paix, les droits de l’homme et la justice (LIPADHOJ) et le Club des amis du droit du Congo (CAD). Le groupe de référence a examiné les efforts naissants pour améliorer la priorisation et a reconnu la nécessité de critères clairs et concrets, ainsi que d’une cartographie globale des affaires dans l’ensemble du pays. En mettant l’accent sur la gravité des crimes et la représentativité de la victimisation, le groupe a passé en revue les critères de priorisation élaborés par le CMN depuis 2006 et adaptés à la RDC dans son rapport : « Donner la priorité aux affaires de crimes internationaux à caractère sexuel en République démocratique du Congo : Appuyer le système judiciaire national dans les enquêtes et les poursuites de crimes fondamentaux internationaux à caractère sexuel ».

Le groupe a conclu qu’une stratégie serait bénéfique pour la lutte contre la violence sexuelle et a suggéré une deuxième réunion entre les parties prenantes pertinentes. Cette deuxième réunion servirait à discuter davantage sur les critères faisant partie d’une stratégie globale de priorisation pour la poursuite des crimes fondamentaux internationaux. Le groupe a également recommandé d’organiser des réunions avec les acteurs politiques concernés afin de planifier l’adoption et la mise en œuvre d’une stratégie globale de priorisation des violences sexuelles liées aux conflits.

Rencontre avec la société civile : cartographier et prioriser les crimes de violences sexuelles et basées sur le genre liées aux conflits

Le 24 février 2017, le CMN a accueilli une réunion avec des ONGs nationales pour discuter des besoins et des défis liés à la documentation et à l’enquête des violences sexuelles liées aux conflits en RDC. Seize participants des ONGs travaillant dans les secteurs de la justice et de la violence sexuelle à Kinshasa et à l’est de la RDC se sont joints à la réunion. Le groupe a examiné les priorités des organisations de la société civile présentes ainsi que les problèmes d’infrastructure qui contribuent à l’impunité généralisée de la violence sexuelle et sexiste. Les représentants de la société civile ont également considéré l’importance et le besoin d’une stratégie de priorisation en fonction des problèmes d’infrastructure du secteur de la justice en RDC. La réunion a pris fin avec l’adoption d’une déclaration des ONGs demandant la mise en œuvre d’une stratégie nationale de priorisation des violences sexuelles liées aux conflits.

La délégation du CMN a également rencontré des ministres, des directeurs de cabinet et des conseillers juridiques de ministères et d’institutions gouvernementales influents dans l’adoption d’une stratégie de priorisation. La délégation du CMN a été accueillie conjointement avec les partenaires locaux et notamment la Ligue pour la Paix, Droits des Hommes et Justice (LIPADHOJ) et  le Club des Amis du Droit du Congo (CAD)  par le Ministère de la Justice, le Ministère de la Défense, le Représentant spécial du Chef de l’État pour la lutte contre la violence sexuelle et le recrutement d’enfants et le Conseil Supérieur de la Magistrature. Les fonctionnaires des ministères et des institutions étatiques ont reconnu l’importance d’une stratégie de priorisation afin de réduire l’arriéré des affaires pendantes devant les tribunaux militaires et civils. En outre, ils ont reconnu l’importance d’un groupe de référence qui peut guider et conseiller les autorités étatiques dans l’adoption d’une telle stratégie.

 

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